2114 Terrains de carrières (Tréfonds)
Le compte 2114 enregistre le tréfonds d’un terrain de carrière, c’est-à-dire la composante foncière subsistant après épuisement du gisement. Le PCG impose de ventiler le prix d’acquisition entre ce tréfonds immobilisé et le gisement de matières, classé en stock au compte 31.
Vue d’ensemble
Repères essentiels
- Classe
- 2
- Niveau
- 4 chiffres
- Enfants directs
- 0
- Connexions
- 9
Position dans le plan
Repères opérationnels
La TVA éventuelle sur l’acquisition ou les travaux d’une carrière dépend de la nature de l’opération, du vendeur et de l’affectation à des opérations taxées. La ventilation comptable entre tréfonds et gisement ne crée pas deux taxes distinctes mais doit permettre d’affecter correctement la taxe et les régularisations. La déduction suppose une TVA régulièrement facturée, un droit à déduction et l’absence d’exclusion ; les obligations de remise en état suivent leur propre analyse.
Exemples d’opérations
- Ventilation du prix d’une carrière entre tréfonds et gisement.
- Constatation du tréfonds comme composante foncière durable.
- Sortie progressive du stock de gisement au rythme de l’extraction.
Afficher 1 autre exemple
- Dépréciation du tréfonds si un indice de perte de valeur existe.
Comptes à rapprocher
Comptes liés 5
- 211Terrains
- 31Matières premières et fournitures
- 212Agencements et aménagements de terrains (même ventilation que celle du compte 211)
Afficher 2 comptes supplémentaires
À ne pas confondre 4
Afficher 1 compte supplémentaire
Comprendre ce compte
Le compte 2114 « Terrains de carrières (Tréfonds) » ne reçoit pas la totalité du prix d’une carrière. Il représente la valeur du terrain appelée à subsister après extraction. Le gisement exploitable constitue une composante distincte, destinée à être consommée ou vendue.
Fonctionnement
| Composante | Compte | Traitement |
|---|---|---|
| Tréfonds résiduel | 2114 | Immobilisation foncière |
| Gisement extractible | 31 | Stock consommé selon l’extraction |
| Aménagements ou installations | 212 ou 215 | Actifs séparés selon leur nature |
L’article 617-2 du PCG exige une ventilation du prix d’acquisition entre le gisement et le tréfonds. Cette répartition doit reposer sur des données techniques et économiques fiables : réserves extractibles, valeur résiduelle du sol et coûts directement attribuables. Le tréfonds n’est pas amorti du seul fait de l’extraction ; le stock de gisement diminue avec les quantités extraites. Les obligations de remise en état sont analysées séparément. À chaque clôture, les réserves exploitables sont rapprochées des relevés d’extraction et des estimations géologiques actualisées. Toute révision significative peut modifier le coût unitaire du stock restant, sans reclasser pour autant le tréfonds. La cession ou l’abandon du site impose aussi de solder séparément chaque composante.
Exemple d’écriture
Hypothèse pédagogique : prix hors TVA de 400 000,00 €, ventilé par une étude entre 100 000,00 € de tréfonds et 300 000,00 € de gisement.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 2114 | Tréfonds | 100 000,00 € | |
| 31 | Gisement extractible | 300 000,00 € | |
| 404 | Fournisseur d’immobilisations | 400 000,00 € | |
| Total | 400 000,00 € | 400 000,00 € | |
Points de vigilance
- Obtenir une ventilation documentée avant l’enregistrement initial.
- Ne jamais amortir le gisement à travers le seul compte 2114.
- Rapprocher les sorties du stock 31 des quantités réellement extraites.
- Traiter séparément installations, dépréciations et obligations de remise en état.
Champ d'application et choix du compte
Le compte 2114 isole le tréfonds d'un terrain de carrière, c'est-à-dire la composante foncière appelée à subsister après l'exploitation. Il ne reçoit ni le gisement extractible, suivi en stock, ni les ouvrages, engins et installations nécessaires à l'extraction. La ventilation initiale du prix entre ces éléments doit être étayée par l'acte, une étude géologique et une méthode de valorisation conservée.
Le tréfonds suit le cycle d'une immobilisation foncière : coût d'entrée individualisé, inventaire juridique et physique, recherche d'indices de perte de valeur, puis sortie lors de la cession ou de l'abandon du droit. L'épuisement du gisement ne justifie pas à lui seul l'amortissement du tréfonds. Les coûts de préparation d'un futur site, les réserves de matières et l'obligation de remise en état font chacun l'objet d'une analyse distincte.
Quand utiliser ce compte ?
| Situation | Utiliser ce compte ? | Critère de décision |
|---|---|---|
| L'entité acquiert une carrière et une expertise distingue la valeur résiduelle du fonds de terre de la valeur des matériaux extractibles. | Oui | Enregistrer en 2114 uniquement la quote-part documentée du tréfonds et suivre séparément le gisement en stock ainsi que les installations corporelles. |
| La dépense correspond à des travaux préparatoires sur un site qui n'est pas encore en état d'être exploité. | Non | Examiner le compte 231 pour les coûts admissibles d'une immobilisation corporelle en cours ; ne pas augmenter le tréfonds par simple assimilation. |
| Le contrat impose une remise en état du site à l'issue de l'extraction. | Selon le cas | Analyser séparément l'obligation, son fait générateur et son estimation au regard du compte 1526 ; seule la composante foncière répondant à la définition du tréfonds reste en 2114. |
Pièces justificatives et cycle de contrôle
La justification du compte 2114 doit relier chaque mouvement à son fait générateur, à une pièce datée et à la période comptable concernée. Les documents ci-dessous constituent la piste de contrôle principale pour cette fiche.
- Acte d'acquisition, titre minier ou autorisation d'exploiter identifiant le périmètre et les droits détenus
- Rapport géologique détaillant réserves exploitables, qualité des matériaux et hypothèses de volume
- Note de ventilation du prix entre tréfonds, gisement, ouvrages et équipements avec méthode et validations
- Relevés périodiques des quantités extraites et rapprochement avec les stocks de gisement
- Étude environnementale, arrêté administratif et plan chiffré de remise en état
- Dossier d'inventaire foncier, évaluations de valeur actuelle et pièces de cession ou d'abandon
Travaux de clôture et contrôle du solde
À la clôture
- Rapprocher le solde 2114 des titres, parcelles et surfaces encore contrôlés à la clôture.
- Comparer les volumes extraits aux sorties du stock de gisement sans imputer cette consommation au tréfonds.
- Réexaminer la ventilation d'origine lorsque les connaissances géologiques ou les droits d'exploitation évoluent significativement.
- Rechercher les indices de dépréciation liés aux restrictions administratives, à l'abandon du site ou à la baisse durable de sa valeur résiduelle.
- Actualiser séparément le dossier de remise en état et rapprocher l'obligation comptabilisée des travaux déjà exécutés.
- Identifier les aménagements, ouvrages ou matériels hors service et traiter leur sortie dans leur propre compte d'immobilisation.
Contrôles recommandés
- La somme des valeurs affectées au tréfonds, au gisement et aux autres actifs concorde avec le coût total justifié.
- La clé de ventilation repose sur des données techniques datées et non sur un pourcentage forfaitaire non documenté.
- Les quantités de gisement sorties sont rapprochées des rapports d'extraction et ne diminuent pas le compte 2114.
- Les autorisations d'exploitation, échéances et restrictions sont suivies par site et reliées à la fiche d'immobilisation.
- Les dépenses de remise en état ne sont pas confondues avec la valeur du tréfonds et disposent de leur propre analyse.
- Les nouveaux ouvrages et équipements sont classés selon leur nature au lieu d'être agrégés au terrain.
- Toute cession partielle ventile de façon cohérente la valeur brute et la dépréciation attachées à la zone cédée.
Incidence fiscale et distinctions utiles
La qualification fiscale doit distinguer la composante foncière durable du gisement consommé par l'exploitation. Le seul épuisement des réserves ne permet pas de déduire un amortissement du compte 2114 ; la durée du droit, la valeur résiduelle et les règles fiscales applicables à chaque composante doivent être documentées à partir du dossier technique.
Les coûts futurs de remise en état relèvent d'une analyse fiscale autonome : existence d'une obligation, probabilité, estimation et conditions de déduction de la provision. La source fiscale disponible éclaire les provisions mais ne dispense pas d'actualiser le dossier lorsque l'autorisation, le calendrier ou le coût des travaux change.
Comptes voisins : le critère qui tranche
| Compte voisin | Différence déterminante |
|---|---|
| 231 – Immobilisations corporelles en cours | Le 231 suit temporairement une immobilisation corporelle en cours de réalisation ; le 2114 porte la composante foncière achevée et durable du site de carrière. |
| 1526 – Provisions pour remise en état | Le 1526 constate une obligation estimée de remise en état ; le 2114 représente le droit foncier résiduel et ne sert pas à accumuler les coûts futurs de restauration. |
| 2111 – Terrains nus | Le 2111 reçoit un terrain nu ordinaire ; le 2114 identifie spécifiquement le tréfonds d'une carrière séparé du gisement exploitable. |
| 2112 – Terrains aménagés | Le 2112 vise un terrain durablement aménagé ; le 2114 reste limité au fonds de terre résiduel, les aménagements de la carrière étant suivis séparément. |
