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SASU en 2026 : le guide complet

Création, capital, président, fiscalité, rémunération, dividendes, TVA et comptabilité : le guide complet pour créer et gérer une SASU en 2026.

La SASU permet d’entreprendre seul dans une véritable société, avec un capital libre, une responsabilité en principe limitée aux apports et une grande liberté d’organisation. Cette souplesse a toutefois un prix : des statuts à concevoir sérieusement, une comptabilité complète, des comptes annuels et des arbitrages fiscaux et sociaux qui ne se résument pas à choisir entre salaire et dividendes.

Ce guide présente les règles applicables en France en 2026. Les montants et calendriers ont été vérifiés au 1er août 2026 auprès de sources administratives françaises.

L’essentiel en 60 secondes

  • Une SASU est une SAS avec un seul associé. Elle possède sa propre personnalité juridique après son immatriculation.
  • Le capital est libre, avec un minimum légal de 1 €. Au moins 50 % des apports en numéraire doivent être versés à la création, le solde dans les 5 ans.
  • La SASU est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Une option temporaire pour l’impôt sur le revenu est possible sous conditions.
  • Le président rémunéré est assimilé salarié et relève du régime général, sans assurance chômage au titre de son mandat.
  • Les dividendes ne remplacent pas un salaire : ils supposent un bénéfice distribuable, une décision régulière et ne créent aucun droit social.
  • La SASU tient une comptabilité complète, établit des comptes annuels, formalise les décisions de l’associé unique et dépose ses comptes.
  • Dès le 1er septembre 2026, elle doit pouvoir recevoir des factures électroniques. Son échéance d’émission dépend de sa taille, généralement le 1er septembre 2027 pour une petite structure.

Sommaire

Qu’est-ce qu’une SASU ?

SASU signifie société par actions simplifiée unipersonnelle. Il ne s’agit ni d’un régime fiscal ni d’une micro-entreprise, mais d’une forme juridique. C’est une SAS dont toutes les actions sont détenues par un seul associé. Cet associé unique peut être une personne physique ou une personne morale, par exemple une société holding.

À compter de son immatriculation, la SASU constitue une personne morale distincte de son associé. Elle dispose de son propre patrimoine, signe ses contrats, facture ses clients, emploie éventuellement des salariés et supporte ses dettes. L’associé unique exerce les pouvoirs qui appartiennent normalement à la collectivité des associés d’une SAS.

Une responsabilité limitée, mais pas une immunité

La perte financière de l’associé est en principe limitée au montant de ses apports. Si la société ne peut pas payer un fournisseur, ce dernier agit normalement contre la SASU, et non contre le patrimoine personnel de l’associé.

Cette protection connaît des limites concrètes. Une banque peut demander une caution personnelle. Une confusion volontaire entre les comptes privés et professionnels, une fraude, une faute de gestion ayant contribué à une insuffisance d’actif ou certaines infractions fiscales et sociales peuvent également engager la responsabilité du dirigeant. La séparation juridique doit donc être respectée dans la gestion quotidienne.

Dans quels cas choisir une SASU en 2026 ?

La SASU est souvent pertinente pour construire une société évolutive, accueillir plus tard des investisseurs, piloter sa rémunération ou isoler une filiale. Elle n’est pas automatiquement le meilleur choix pour démarrer seul. Une entreprise individuelle peut être plus simple, une EURL peut produire un coût social différent et le régime micro peut convenir à une activité légère. Le choix doit partir du modèle économique, pas de la popularité d’un statut.

CritèreSASUEURLEntreprise individuelle
Personnalité morale distincteOuiOuiNon
Capital socialLibre, 1 € minimumLibre, 1 € minimumAucun
DirigeantPrésident, personne physique ou moraleGérant, personne physiqueEntrepreneur
Régime social courant du dirigeantAssimilé salarié si rémunéréTravailleur non salarié si gérant associé uniqueTravailleur indépendant
Fiscalité par défautISIR si associé personne physiqueIR, option IS possible sous conditions
Entrée de nouveaux associésPassage simple en SASPassage en SARLApport ou transformation à organiser
Comptes annuels et dépôtOuiOuiPas de dépôt de comptes sociaux
Comparaison générale. La fiscalité, les activités réglementées et la situation du dirigeant peuvent modifier l’analyse.

Pour élargir la comparaison, consultez notre guide du choix du statut juridique en 2026. Si votre arbitrage se concentre sur les deux sociétés unipersonnelles, le guide complet de l’EURL permet de comparer précisément le gérant indépendant et le président assimilé salarié.

Comment créer une SASU en 2026 ?

La création suit une chaîne logique. Une erreur au début, notamment dans l’objet social, le capital ou les statuts, peut ensuite imposer une modification payante. Il est donc utile de préparer le dossier avant de commencer la formalité en ligne.

1. Définir le projet juridique et financier

Déterminez l’activité, les besoins de financement, la date de début, la durée du premier exercice et le mode de rémunération envisagé. Choisissez une dénomination après avoir vérifié sa disponibilité, puis fixez le siège social. Le siège peut être installé dans un local, auprès d’une société de domiciliation ou, sous conditions, au domicile du représentant légal.

2. Constituer et déposer le capital

L’associé fixe le capital, réalise les apports et dépose les fonds auprès d’un établissement de crédit ou d’un notaire sur un compte ouvert au nom de la société en formation. Le dépositaire remet une attestation de dépôt, nécessaire au dossier d’immatriculation. Les fonds sont débloqués après l’immatriculation sur présentation du justificatif demandé.

3. Rédiger et signer les statuts

Les statuts identifient notamment la forme, la dénomination, l’objet, le siège, la durée, le capital, les apports, la répartition des actions, l’exercice social et les règles de décision. La liberté statutaire de la SASU est précieuse, mais elle rend le copier-coller d’un modèle particulièrement risqué.

Le président doit être nommé. Sa nomination peut figurer dans les statuts ou dans un acte séparé si les statuts le permettent. Un acte séparé évite généralement de modifier les statuts à chaque changement de président. Les pouvoirs, la durée du mandat, les conditions de révocation et l’éventuelle rémunération doivent être cohérents entre tous les documents.

4. Publier l’avis de constitution

Après la signature des statuts, un avis de constitution est publié dans un support habilité à recevoir des annonces légales dans le département du siège. L’attestation de parution rejoint ensuite le dossier d’immatriculation. Le tarif dépend notamment de la forme sociale et du territoire, il faut donc utiliser le simulateur officiel au moment de la démarche.

5. Déposer la formalité sur le guichet unique

La demande est transmise en ligne sur le guichet des formalités des entreprises. Le dossier comprend notamment les statuts signés, le justificatif du siège, l’attestation de parution, l’attestation de dépôt des fonds, les informations sur le président et, selon le cas, les autorisations liées à une activité réglementée. La déclaration du bénéficiaire effectif est intégrée à la formalité.

En 2026, le coût réglementé indiqué par Service Public est de 33,83 € pour l’immatriculation d’une société commerciale, auquel s’ajoutent 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Il faut ajouter l’annonce légale et, le cas échéant, les honoraires de rédaction, l’évaluation des apports, la domiciliation ou l’accompagnement comptable.

Notre guide Créer son entreprise en 2026 replace ces formalités dans un calendrier complet, du prévisionnel jusqu’aux premières obligations après l’immatriculation.

Attention : depuis 2026, l’Acre n’est plus automatique pour le mandataire social assimilé salarié. Le créateur éligible doit déposer sa demande auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant l’ouverture de l’activité. Les conditions personnelles, le contrôle effectif de la société et le niveau de rémunération doivent être vérifiés sur la fiche officielle.

Statuts, capital et apports : les choix qui engagent

Quel capital choisir ?

Le minimum légal de 1 € ne signifie pas qu’un capital de 1 € soit adapté. Le capital sert de première ressource, influence la crédibilité du projet et absorbe les pertes initiales. Un montant trop faible peut rendre les capitaux propres rapidement inférieurs à la moitié du capital, créer un signal défavorable pour les partenaires et obliger l’associé à financer constamment la société par compte courant.

Apports en numéraire, en nature et en industrie

  • Apports en numéraire : sommes d’argent intégrées au capital. Au moins la moitié doit être libérée à la constitution, le solde dans les 5 ans.
  • Apports en nature : matériel, véhicule, fonds, brevet ou autre bien transféré à la société. Leur valeur doit être justifiée.
  • Apports en industrie : travail, savoir-faire ou relations mis à disposition. Ils peuvent donner droit à des actions selon les statuts, mais ne composent pas le capital.

Un commissaire aux apports intervient en principe pour évaluer les apports en nature. L’associé unique peut s’en dispenser si aucun bien n’excède 30 000 € et si la valeur totale des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital. Une dispense ne supprime pas le risque : l’associé assume la valeur retenue et peut répondre d’une surévaluation.

Président, associé unique et responsabilités

Le président représente la SASU à l’égard des tiers. Il conclut les contrats, ouvre les comptes, embauche, accomplit les déclarations et veille au respect des obligations. Il peut être l’associé unique, un tiers, une personne physique ou une personne morale. Une personne morale présidente doit elle-même désigner la personne qui agit pour elle selon sa propre organisation.

Lorsque le président et l’associé unique sont deux personnes différentes, leurs rôles doivent rester distincts. L’associé décide notamment de l’approbation des comptes, de l’affectation du résultat, des opérations sur le capital, de la nomination du commissaire aux comptes, de la transformation et de la dissolution. Il ne peut pas déléguer les décisions que la loi lui réserve.

Les décisions de l’associé unique sont écrites et conservées dans un registre dédié. Un registre de mouvements de titres doit également retracer les opérations sur les actions. Une décision non formalisée peut devenir difficile à opposer et, dans certains cas, être contestée.

Responsabilité du président

Le président peut engager sa responsabilité civile en cas de violation de la loi, des statuts ou de faute de gestion. Sa responsabilité pénale peut aussi être recherchée pour certaines infractions. La responsabilité limitée de l’associé ne protège donc pas le dirigeant contre ses propres fautes.

Bonne pratique : séparez les décisions d’associé, les actes du président et les opérations personnelles. Conservez les justificatifs de chaque mouvement financier et formalisez les conventions conclues entre la SASU et son dirigeant.

Fiscalité de la SASU : IS par défaut, IR sur option

L’impôt sur les sociétés

La SASU relève normalement de l’impôt sur les sociétés. Le résultat fiscal correspond au résultat comptable corrigé selon les règles fiscales. Les dépenses engagées dans l’intérêt de l’entreprise, justifiées et correctement comptabilisées peuvent être déduites, sous réserve des exclusions et limites prévues par les textes.

Pour distinguer une charge, une immobilisation et une dépense non admise, reportez-vous au guide 2026 des charges déductibles.

Le taux normal de l’IS est de 25 %. Un taux réduit de 15 % peut s’appliquer jusqu’à 42 500 € de bénéfice lorsque le chiffre d’affaires hors taxes ne dépasse pas 10 millions d’euros, que le capital est entièrement libéré et qu’il est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques ou par des sociétés répondant aux conditions.

L’option temporaire pour l’impôt sur le revenu

Une SASU récente peut opter pour l’IR si elle exerce principalement une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale, n’est pas cotée, emploie moins de 50 salariés, réalise un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros et remplit les conditions de détention des droits de vote. Elle doit avoir été créée depuis moins de 5 ans au moment de l’option.

L’option vaut au maximum 5 exercices et n’est pas renouvelable. Le bénéfice ou le déficit est alors imposé directement chez l’associé unique, dans la catégorie correspondant à l’activité, notamment BIC pour une activité commerciale ou artisanale et BNC pour une activité libérale.

L’IR peut être intéressant lorsque la société démarre avec des pertes imputables selon les règles applicables ou lorsque le foyer est faiblement imposé. Il peut aussi devenir coûteux : l’associé peut payer l’impôt sur un bénéfice conservé dans la société, sans avoir reçu la trésorerie correspondante. Une simulation pluriannuelle est indispensable avant l’option.

Rémunération ou dividendes : un faux choix binaire

La rémunération du mandat

Le mandat de président peut être gratuit ou rémunéré. La décision doit respecter les statuts et être formalisée. Une rémunération régulière nécessite un traitement de paie, des bulletins et une déclaration sociale nominative. Elle est imposée chez le président dans la catégorie des traitements et salaires, avec l’abattement de 10 % ou la déduction des frais réels selon les règles personnelles.

À l’IS, la rémunération et les cotisations supportées par la société sont en principe déductibles si elles correspondent à un travail effectif, ne sont pas excessives et sont correctement justifiées. Elles réduisent donc le bénéfice soumis à l’IS. En contrepartie, elles génèrent des cotisations et construisent des droits sociaux.

Les dividendes

Un dividende n’est pas une rémunération du travail. Il ne peut être décidé qu’après la clôture, l’établissement et l’approbation des comptes, puis l’affectation régulière d’un bénéfice distribuable. Les pertes antérieures, la réserve légale et la protection des capitaux propres limitent le montant distribuable.

Pour un associé personne physique, la fiscalité par défaut applicable en 2026 est le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. L’associé peut opter pour le barème progressif, avec un abattement de 40 % sur les dividendes éligibles. L’option au barème concerne globalement les revenus de capitaux mobiliers du foyer, elle ne doit donc pas être choisie sur un seul dividende isolé.

Les dividendes de SASU ne supportent pas les cotisations sociales du président. Cette économie apparente ne doit pas masquer trois réalités : ils proviennent d’un résultat déjà soumis à l’IS, ils n’ouvrent aucun droit social et ils ne peuvent pas financer régulièrement les dépenses personnelles avant l’approbation des comptes.

Attention : les retraits personnels non justifiés ne deviennent pas des dividendes parce que l’associé est seul. Ils peuvent créer un compte courant débiteur interdit, une distribution irrégulière ou une difficulté fiscale et pénale.

Quelle protection sociale pour le président ?

Le président rémunéré au titre de son mandat est assimilé salarié. Il dépend du régime général et cotise notamment pour la maladie, la maternité, les allocations familiales, la retraite de base, la retraite complémentaire et la prévoyance. Le terme « assimilé salarié » concerne la Sécurité sociale : il ne crée pas à lui seul un contrat de travail ni les protections du Code du travail.

En l’absence de rémunération, aucune cotisation sociale n’est due au titre du mandat, mais aucun droit nouveau n’est acquis par ce canal. Une couverture peut provenir d’une autre activité, d’un maintien de droits ou d’un autre dispositif, mais elle doit être vérifiée personnellement. Une stratégie « tout dividende » peut donc dégrader la retraite et la prévoyance.

Le coût exact d’une rémunération dépend du montant, des paramètres de paie, des avantages, de l’Acre éventuelle et de la situation de la société. Utilisez le simulateur officiel SASU de l’Urssaf plutôt qu’un taux forfaitaire trouvé dans un article ancien.

TVA, CFE et autres taxes

La TVA ne dépend pas de la forme SASU

Une SASU peut relever de la franchise en base, du réel simplifié ou du réel normal de TVA selon son activité, son chiffre d’affaires, le montant de taxe et ses options. En franchise, elle ne collecte pas la TVA sur ses opérations françaises ordinaires et ne récupère pas la TVA sur ses achats.

En 2026, les seuils français de franchise restent notamment fixés à 85 000 € avec un seuil majoré de 93 500 € pour les activités commerciales et d’hébergement, et à 37 500 € avec un seuil majoré de 41 250 € pour les prestations de services et activités libérales hors cas particuliers. Le dépassement du seuil majoré peut rendre la TVA applicable dès le jour du dépassement.

CFE et taxes liées à l’activité

La SASU peut devoir la cotisation foncière des entreprises, même si elle travaille depuis le domicile du président et même si elle ne réalise pas de bénéfice. L’année de création bénéficie d’une exonération, sous réserve de déposer la déclaration initiale dans les délais. D’autres taxes peuvent s’ajouter selon les véhicules, les salaires, les locaux, le secteur et le niveau d’activité.

Comptabilité et obligations annuelles de la SASU

Une SASU est une société commerciale. Elle doit enregistrer chronologiquement ses opérations, contrôler ses actifs et passifs, tenir un livre-journal et un grand-livre, réaliser un inventaire et établir des comptes annuels. Les factures, relevés, contrats, justificatifs et documents comptables doivent être conservés selon leurs délais légaux, généralement 10 ans pour les pièces comptables.

Clôture, approbation et dépôt des comptes

À chaque clôture, le président arrête les comptes et prépare les documents requis. L’associé unique approuve les comptes et décide de l’affectation du résultat. Lorsque l’associé unique est également président, le dépôt des comptes signés et de l’inventaire dans les 6 mois de la clôture peut valoir approbation selon la procédure simplifiée.

Les comptes sont ensuite déposés via le guichet des formalités ou auprès du greffe selon la procédure disponible. Les petites structures peuvent, sous conditions, demander la confidentialité de tout ou partie de leurs comptes. La confidentialité n’exonère jamais de les établir ni de les déposer.

Commissaire aux comptes

La nomination d’un commissaire aux comptes devient notamment obligatoire pour une SAS qui franchit deux des trois seuils suivants : 5 millions d’euros de total de bilan, 10 millions d’euros de chiffre d’affaires hors taxes et 50 salariés. Des règles particulières s’appliquent aux groupes et à certaines activités. Les seuils doivent être surveillés avant la clôture, car l’obligation intervient en principe à compter de l’exercice suivant le franchissement.

Facturation électronique : ce qui change pour la SASU

La réforme concerne les entreprises assujetties à la TVA établies en France pour leurs opérations domestiques entre assujettis, avec un mécanisme complémentaire de transmission de données pour certaines opérations. Une facture PDF envoyée directement par courriel ne suffit pas à satisfaire le nouveau dispositif.

DateObligation principale
1er septembre 2026Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et ETI doivent aussi émettre électroniquement.
1er septembre 2027Les PME, TPE et micro-entreprises au sens économique doivent émettre électroniquement et transmettre les données requises.

Une petite SASU doit donc choisir une plateforme agréée assez tôt pour recevoir ses factures dès septembre 2026, vérifier son inscription dans l’annuaire et connecter son logiciel. Elle doit aussi fiabiliser les données clients, les numéros de TVA, les catégories d’opérations et les statuts de paiement. Les ventes à des particuliers et certaines opérations internationales relèvent du e-reporting plutôt que du même flux de facture électronique.

Consultez notre guide détaillé sur la facturation électronique et le calendrier 2026-2027 pour préparer les données, les outils et les responsabilités internes.

Faire évoluer, transmettre ou fermer une SASU

Passer de la SASU à la SAS

L’entrée d’un nouvel associé ne transforme pas juridiquement la société en une autre forme : une SASU est déjà une SAS. La société devient simplement pluripersonnelle. Il faut cependant mettre à jour les statuts si ceux-ci ne prévoient pas les décisions collectives, enregistrer les mouvements d’actions et actualiser les bénéficiaires effectifs si nécessaire.

Dissoudre et liquider

Une cessation volontaire suppose que la société ne soit pas en cessation des paiements. L’associé décide la dissolution et nomme un liquidateur. La décision est publiée et déclarée sur le guichet unique. Le liquidateur réalise les actifs, paie les dettes, établit les comptes de liquidation, puis l’associé prononce la clôture avant la radiation.

Une fermeture ne se limite donc pas à arrêter les factures ou fermer le compte bancaire. Il faut traiter les contrats, les salariés, les déclarations fiscales et sociales, les créances, la TVA et les archives. En présence d’un associé unique personne morale, une transmission universelle du patrimoine peut être possible à la place de la liquidation, sous réserve de respecter la procédure et les droits des créanciers.

Avantages et inconvénients de la SASU

AtoutsPoints de vigilance
Responsabilité en principe limitée aux apportsCautions personnelles et fautes du dirigeant peuvent réduire la protection
Statuts très adaptablesRédaction plus technique et risque de clauses incohérentes
Passage naturel à plusieurs associésStatuts initiaux à anticiper pour éviter une refonte
Président assimilé salarié s’il est rémunéréCoût social significatif et absence d’assurance chômage
Dividendes sans cotisations sociales du mandatIS puis imposition personnelle, aucun droit social créé
Capital libreUn capital symbolique peut fragiliser la crédibilité et les capitaux propres
IS adapté au réinvestissement de bénéficesComptabilité, clôture, dépôt des comptes et formalisme annuel

La SASU devient souvent moins avantageuse lorsque l’activité génère peu de marge, que l’entrepreneur veut retirer immédiatement toute la trésorerie, que les coûts administratifs sont disproportionnés ou qu’une structure plus simple répond au même besoin. Elle devient plus pertinente lorsqu’il faut réinvestir, sécuriser des contrats, structurer l’entrée d’investisseurs ou isoler une filiale.

Trois exemples chiffrés prudents

Exemple 1 : calcul simplifié de l’IS

Une SASU réalise un bénéfice fiscal de 50 000 € après déduction de la rémunération et des cotisations du président. Elle remplit toutes les conditions du taux réduit : chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros, capital entièrement libéré et détention éligible.

CalculMontant
42 500 € à 15 %6 375 €
7 500 € à 25 %1 875 €
IS théorique total8 250 €
Résultat après IS41 750 €

Ce résultat après IS n’est pas automatiquement disponible en dividendes. Il faut tenir compte des pertes antérieures, de la réserve légale, des autres réserves, des acomptes éventuellement versés et de la décision d’affectation.

Exemple 2 : coût fiscal théorique d’une distribution

Supposons que 20 000 € soient régulièrement distribuables et que l’associé personne physique reste au PFU de 31,4 %. Le prélèvement théorique atteint 6 280 € et le montant net est de 13 720 €. Ce calcul ne comprend pas l’IS déjà supporté en amont par la société et ne compare pas le PFU avec l’option globale pour le barème.

Limite des exemples : ils n’intègrent pas votre foyer fiscal, les aides, les déficits, les avantages en nature, les dépenses non déductibles, les régimes sectoriels ni les opérations internationales. Une simulation personnalisée doit précéder toute décision de rémunération, d’option fiscale ou de distribution.

Checklist pratique pour créer et gérer une SASU en 2026

Avant l’immatriculation

  • Comparer SASU, EURL et entreprise individuelle avec une prévision de trésorerie et de revenu net.
  • Vérifier la réglementation de l’activité, les diplômes, autorisations et assurances.
  • Choisir la dénomination, le siège, l’objet social, la date de clôture et le capital.
  • Évaluer les apports en nature et déterminer si un commissaire aux apports est requis.
  • Rédiger des statuts compatibles avec une future SAS à plusieurs associés.
  • Déposer le capital, nommer le président et publier l’annonce légale.
  • Préparer toutes les pièces avant la formalité sur le guichet unique.
  • Vérifier l’éligibilité à l’Acre et respecter le délai de demande de 60 jours.

Dès l’immatriculation

  • Débloquer le capital et conserver l’attestation avec le dossier juridique.
  • Activer les espaces fiscaux et sociaux, choisir les régimes de TVA et organiser la paie.
  • Mettre en place la comptabilité, la facturation, le registre des décisions et le registre de mouvements de titres.
  • Formaliser la rémunération du président et les remboursements de frais.
  • Vérifier les assurances, contrats, conditions générales et mentions du site internet.
  • Choisir une plateforme agréée pour recevoir les factures électroniques au 1er septembre 2026.

Chaque année

  • Réviser les acomptes d’IS, la TVA, la CFE et les autres taxes.
  • Contrôler les capitaux propres, les comptes courants et la trésorerie disponible.
  • Arrêter les comptes, les faire approuver et affecter le résultat.
  • Déposer les comptes annuels et demander la confidentialité si elle est permise et souhaitée.
  • Vérifier les seuils de commissaire aux comptes et les obligations de groupe.
  • Mettre à jour les bénéficiaires effectifs, le siège, le président et les statuts après tout changement.

FAQ sur la SASU en 2026

1. Quel est le capital minimum d’une SASU ?

Le minimum légal est de 1 €. En pratique, le capital doit être cohérent avec les investissements, le besoin de trésorerie et les exigences des partenaires. Au moins la moitié des apports en numéraire est versée à la constitution, le solde dans les 5 ans.

2. Peut-on créer une SASU sans expert-comptable ?

Oui, aucun texte n’impose généralement de recourir à un expert-comptable. La société reste néanmoins responsable d’une comptabilité régulière, de ses déclarations, de sa paie et de ses comptes annuels. L’accompagnement devient particulièrement utile en présence de TVA, de rémunération, d’option IR, d’apports ou d’opérations internationales.

3. Le président peut-il ne pas se rémunérer ?

Oui, le mandat peut être gratuit. Aucune cotisation n’est alors due au titre de cette rémunération inexistante, mais le mandat ne crée aucun droit social nouveau. Les conséquences sur l’ARE, l’Acre et la couverture personnelle doivent être vérifiées auprès des organismes compétents.

4. Peut-on se payer uniquement en dividendes ?

Une distribution est possible seulement s’il existe un bénéfice distribuable après clôture et approbation des comptes. Les dividendes ne sont pas mensuels par nature, ne sont pas déductibles du résultat et n’ouvrent aucun droit social. Ils ne remplacent donc pas toujours une rémunération.

5. Une SASU bénéficie-t-elle de la franchise en base de TVA ?

Oui, si son activité et son chiffre d’affaires respectent les conditions. La franchise dépend du régime de TVA, pas de la forme juridique. Une SASU peut aussi opter pour la TVA afin de récupérer la taxe sur ses dépenses.

6. Quelle différence entre SASU et SAS ?

La SASU est une SAS à associé unique. Lorsqu’une deuxième personne reçoit ou souscrit des actions, la société devient une SAS pluripersonnelle sans changer de forme juridique. Les statuts doivent toutefois organiser les décisions collectives et les relations entre associés.

7. La SASU protège-t-elle totalement le patrimoine personnel ?

Non. La responsabilité de l’associé est en principe limitée aux apports, mais une caution personnelle l’engage. Le président peut aussi répondre de ses fautes, infractions ou manquements. Une comptabilité séparée et une gouvernance régulière restent indispensables.

8. Combien coûte une SASU par an ?

Il n’existe pas de coût unique. Il faut additionner banque, comptabilité, paie, dépôt des comptes, assurance, outils, CFE et éventuels conseils. Les cotisations du président dépendent de sa rémunération. Un budget réaliste distingue les frais fixes de société des impôts et cotisations calculés sur l’activité.

Conclusion : la SASU est un outil, pas une optimisation automatique

La SASU associe personnalité morale, capital libre, gouvernance adaptable et ouverture à de futurs associés. Elle exige une véritable discipline juridique et comptable.

Le meilleur choix ne consiste pas à minimiser une seule charge. Il faut financer l’entreprise, protéger le dirigeant, payer ses impôts au bon moment et conserver une structure compréhensible pour une banque, un investisseur ou un acquéreur. Avant de créer ou de modifier une SASU, validez les hypothèses avec l’Urssaf, le service des impôts des entreprises et, selon les enjeux, un expert-comptable ou un professionnel du droit.

Sources officielles

Article informatif vérifié le 1er août 2026. Les règles peuvent évoluer et les cas particuliers, notamment professions réglementées, groupes, activités internationales et associés personnes morales, nécessitent une analyse dédiée.