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Bail commercial : les nouvelles règles applicables le 26 août 2026

À compter du 26 août 2026, la restitution des garanties d’un bail commercial est encadrée par de nouveaux délais. Mensualisation, plafond, mutation : le point complet.

Le 26 août 2026 marque une nouvelle étape pour les baux commerciaux en cours. À partir de cette date, de nouvelles règles encadrent la restitution du dépôt de garantie, la libération des autres garanties et le changement de propriétaire du local. Pour les commerçants, artisans et prestataires concernés, ces délais peuvent représenter plusieurs mois de trésorerie.

Note de mise à jour du 12 août 2026 : cet article distingue les dispositions de la loi n° 2026-403, leur présentation par l’administration et les conseils pratiques de gestion. Il ne remplace pas l’analyse du bail et de ses garanties par un professionnel du droit.

En bref

  • Pour un bail en cours à la promulgation de la loi, les nouvelles règles de restitution s’appliquent lorsque les clés sont remises à compter du 26 août 2026.
  • Le dépôt de garantie doit alors être rendu dans un délai raisonnable ne dépassant pas 3 mois, après déduction des sommes restant dues et dûment justifiées.
  • Les autres garanties, par exemple une caution bancaire ou une hypothèque, doivent être libérées et leurs documents restitués dans un délai maximal de 6 mois.
  • En cas de vente, donation ou autre mutation du local à compter du 26 août 2026, l’obligation de rendre les sommes versées à titre de garantie passe au nouveau bailleur.
  • Le paiement mensuel du loyer peut déjà être demandé par certains locataires sans arriéré non contesté. La demande prend effet à l’échéance suivante prévue au bail.

Sommaire

Quel est le calendrier de la réforme des baux commerciaux ?

La loi n° 2026-403 a été promulguée le 26 mai 2026 et publiée au Journal officiel le 27 mai. Certaines mesures sont entrées en vigueur dès la fin du mois de mai. D’autres reposent sur un délai transitoire de trois mois et deviennent concrètement applicables le 26 août 2026.

DateMesureSituation visée
Fin mai 2026Droit de demander le paiement mensuel du loyerBaux en cours à la promulgation et nouveaux baux, pour les locaux et activités éligibles
Depuis l’entrée en vigueur de la réformePlafond global des garanties à un trimestre de loyerBaux conclus ou renouvelés relevant du champ prévu par la loi
26 août 2026Délais de 3 mois et 6 mois après remise des clésBaux déjà en cours à la promulgation lorsque les clés sont remises à compter de cette date
26 août 2026Transfert de l’obligation de restitution au nouveau bailleurMutations du local intervenant à compter de cette date
Calendrier opérationnel établi à partir de l’article 62 de la loi et des fiches officielles consultées le 12 août 2026.

Point de vigilance sur les dates : la disposition transitoire de la loi vise les baux conclus ou renouvelés « à compter de la promulgation » pour le plafond des garanties. Les pages pratiques officielles citent selon les cas le 26 ou le 28 mai 2026. Pour un contrat signé ou renouvelé les 26 et 27 mai, une validation juridique est prudente.

Qui peut demander la mensualisation du loyer commercial ?

Le paiement mensuel devient un droit lorsque le local est destiné à une activité de commerce de détail, de commerce de gros ou de prestations de services à caractère commercial ou artisanal. Un magasin, un atelier artisanal ou un local utilisé pour une activité de services commerciaux peut donc entrer dans le dispositif.

L’absence d’arriérés non contestés est indispensable

Le locataire ne doit pas avoir d’arriérés de loyers ou de charges qui n’ont pas fait l’objet d’une contestation préalable. Une dette ancienne reconnue et impayée peut donc bloquer la demande. À l’inverse, l’existence d’un désaccord formalisé avant la demande ne doit pas être assimilée automatiquement à un arriéré non contesté.

La demande produit effet à l’échéance suivante

La loi ne transforme pas rétroactivement une échéance déjà exigible. La mensualisation prend effet à la prochaine échéance de paiement prévue au bail. Même si aucun formalisme précis n’est imposé par le texte, un écrit daté permet de prouver la demande, sa réception et la situation des paiements. Il est utile d’indiquer le bail concerné, la date d’effet sollicitée et le nouveau calendrier proposé.

Exemple : un bail prévoit un loyer trimestriel payable le 1er octobre. Le locataire éligible adresse sa demande le 20 août et n’a aucun arriéré non contesté. La mensualisation produit effet à l’échéance du 1er octobre. Le contrat, le mandat de prélèvement et le suivi comptable doivent ensuite reprendre le rythme mensuel.

Comment fonctionne le plafond d’un trimestre de loyer ?

Pour les locaux qui bénéficient du droit à la mensualisation, les sommes payées à titre de garantie ne peuvent pas dépasser les loyers dus pour un trimestre. Le plafond ne concerne pas seulement le dépôt versé en numéraire. La loi additionne également la valeur des biens, titres, engagements et garanties demandés pour assurer la bonne exécution du bail.

  • dépôt de garantie en espèces ;
  • caution bancaire ou garantie à première demande ;
  • nantissement d’un compte ou de titres ;
  • hypothèque ou autre sûreté demandée au locataire ;
  • combinaison de plusieurs garanties.

Le bailleur ne peut donc pas contourner le plafond en demandant trois mois de dépôt et une garantie supplémentaire de même valeur. Les sommes versées dans ce cadre ne produisent pas d’intérêts au profit du locataire.

Les bureaux et entrepôts ne sont pas automatiquement inclus

Le plafond est lié au champ du nouveau droit à la mensualisation. La fiche Service Public précise que les nouvelles règles de plafonnement et d’absence d’intérêts ne s’appliquent pas aux baux portant sur des bureaux ou des entrepôts. Le seul intitulé « bail commercial » ne suffit donc pas. Il faut qualifier l’usage réel du local et l’activité prévue au contrat.

Le dépôt récupérable n’a pas la même nature qu’une dépense définitive. Retrouvez les critères fiscaux des loyers et frais dans notre guide des charges déductibles en entreprise.

Que change concrètement le 26 août 2026 ?

Le dépôt doit être restitué au plus tard dans les 3 mois

Lorsque les nouvelles règles s’appliquent, les sommes versées à titre de garantie doivent être restituées dans un délai raisonnable qui ne peut pas dépasser trois mois à compter de la remise des clés. La remise s’effectue en mains propres ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au bailleur ou à son mandataire.

Le bailleur peut déduire les sommes restant dues et celles qu’il pourrait devoir payer à la place du locataire. Ces retenues doivent être dûment justifiées. Une estimation globale sans pièces, un montant de travaux non expliqué ou une charge étrangère au bail crée un risque de contestation.

Les autres garanties doivent être libérées dans les 6 mois

Si le bailleur détient une garantie d’une autre nature, il dispose de six mois pour effectuer les mainlevées et restituer les documents au locataire. Ce délai concerne notamment les cautions bancaires, garanties à première demande, nantissements ou hypothèques. Attendre la dernière semaine peut être risqué lorsque la banque, le notaire ou un autre tiers doit intervenir.

La vente du local transfère une obligation au nouveau bailleur

Pour une mutation à titre gratuit ou onéreux intervenue à compter du 26 août 2026, l’obligation de rendre les sommes payées à titre de garantie est transmise au nouveau propriétaire. Les autres garanties deviennent caduques de plein droit. Le cédant doit alors restituer les documents et accomplir les mainlevées nécessaires dans un délai de six mois.

L’acte de vente doit inventorier le dépôt, les sûretés et les retenues. Pour anticiper ces engagements dès le lancement de l’activité, consultez le guide Créer son entreprise en 2026.

Qu’est-ce qu’une clause d’indexation tunnel ?

La réforme autorise une clause qui limite la variation annuelle de l’indice des loyers commerciaux dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse. Une clause plafonnant une hausse à 3 % doit donc limiter symétriquement une baisse à 3 %. L’objectif est de rendre l’évolution du loyer plus prévisible pour les deux parties.

Exemple complet : sortie d’un local après le 26 août

Une boutique remet ses clés en mains propres le 31 août 2026. Un reçu daté est signé. Le bailleur détient un dépôt de 6 000 € et une caution bancaire. L’état des lieux fait apparaître 450 € de réparations justifiées. Il reste aussi 300 € de charges définitivement arrêtées.

ÉlémentTraitement pratiqueÉchéance maximale indicative
Dépôt de 6 000 €Restitution de 5 250 € après retenues justifiées de 750 €30 novembre 2026
Justificatifs des retenuesDécompte détaillé, pièces de réparation et arrêté de chargesAvec le règlement du solde
Caution bancaireMainlevée et restitution des documents28 février 2027
Exemple pédagogique. Le calcul exact des délais et des sommes dépend du contrat, des jours concernés et des justificatifs.

Le délai légal est un maximum. Le bailleur peut restituer plus tôt, mais toute retenue doit rester justifiée.

Checklist avant le 26 août 2026

Pour le locataire

  1. Relire l’usage du local, la date du bail, son dernier renouvellement et les garanties fournies.
  2. Rapprocher loyers et charges pour identifier tout arriéré ou litige déjà formalisé.
  3. Adresser par écrit une demande de mensualisation si l’activité et le local sont éligibles.
  4. Préparer l’état des lieux, les relevés, les preuves d’entretien et la remise formalisée des clés.
  5. Demander un décompte détaillé du dépôt, des retenues et du calendrier de mainlevée.

Pour le bailleur

  1. Recenser les baux en cours, les départs et les mutations prévus après le 26 août.
  2. Vérifier que les garanties des nouveaux baux éligibles respectent le plafond global.
  3. Organiser une preuve de remise des clés qui fixe clairement le point de départ.
  4. Documenter chaque retenue et prévoir la trésorerie nécessaire à la restitution.
  5. Anticiper les démarches auprès des banques, notaires et bénéficiaires de sûretés.
  6. En cas de vente, inscrire dans l’acte le sort du dépôt et des autres garanties.

Questions fréquentes

Le bailleur peut-il refuser la mensualisation ?

Pas si le local et l’activité entrent dans le champ légal et si le locataire ne présente pas d’arriérés de loyer ou de charges non contestés. La demande produit effet à la prochaine échéance prévue au contrat.

Le dépôt est-il toujours limité à trois mois ?

Non. Le nouveau plafond vise les locaux éligibles au droit de mensualisation et les baux conclus ou renouvelés dans le champ temporel de la réforme. Les bureaux et entrepôts sont notamment signalés comme exclus de ce plafond par Service Public.

Les trois mois courent-ils à la date de fin du bail ?

Le texte retient la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en mains propres ou par lettre recommandée avec avis de réception. Une fin de bail non suivie d’une remise démontrable peut donc créer une incertitude sur le point de départ.

Le bailleur peut-il conserver une somme pour des réparations ?

Il peut déduire certaines sommes restant dues ou qu’il pourrait supporter à la place du locataire, à condition qu’elles soient dûment justifiées. L’état des lieux, les factures, devis pertinents et clauses du bail sont déterminants.

Que devient le dépôt si le local est vendu ?

Pour une mutation à compter du 26 août 2026, l’obligation de restituer les sommes versées à titre de garantie est transmise au nouveau bailleur. Le vendeur reste chargé de rendre les documents et de procéder aux mainlevées des autres garanties devenues caduques, dans le délai légal.

Ce qu’il faut retenir

La réforme ne se limite pas à réduire un dépôt de garantie. Elle change le calendrier de trésorerie du locataire, le suivi des sûretés du bailleur et la répartition des responsabilités lors de la vente du local. Le 26 août 2026 est donc une date de contrôle documentaire : bail, avenants, preuves de paiement, garanties, état des lieux et acte de mutation doivent raconter la même histoire.

Sources officielles